Lorsqu’il s’agit de se lancer dans un projet de création ou de reprise d’entreprise, on observe différents comportements dès lors qu’il s’agit d’aborder le volet financement :

- « où puis-je trouver un maximum de subventions ? »
- « on m’a parlé de prêt sans intérêt… »
- « je vais démarrer avec ce que j’ai mis de côté, on verra ensuite ! »
- « pas la peine d’aller voir mon banquier, il ne croira pas en mon projet »
- …

Ces réactions de créateurs en devenir sont tout à fait légitimes et si le financement est crucial lors d’un projet de création, ce n’est pas LA première question à se poser.

Avec l’absence de préparation commerciale et la mauvaise gestion, l’absence de financement adapté au projet est souvent l’une des causes principales d’échec d’une entreprise.

L’une des raisons à l’absence de financement d’un projet est paradoxalement due au créateur lui-même, et non à l’organisme de financement. Le porteur de projet, soit par peur soit par choix, décide de ne pas mobiliser un organisme de financement. Cette option peut paraître raisonnable, or l’idée d’injecter l’ensemble de ses économies dès le début du projet est souvent une erreur. En effet, si l’organisme de financement demande généralement un apport pour montrer que le créateur croit en son propre projet, il n’exige pas le « maximum ». Les aléas de la trésorerie du début d’activité sont par exemple rarement financés par un partenaire externe, il convient d’être prudent et de garder « une poire pour la soif ».

De même, on sous-estime souvent le rôle majeur des organismes de conseil qui accompagnent le porteur de projet. Si la structure de conseil ne le finance pas directement, elle a un rôle crucial dans le montage du projet (étude de marché, montage juridique, fiscal et social) qui aura un impact direct sur le montage financier. Cela permettra, entre autre, de bien calibrer les besoins du créateur : 5 000, 50 000, 500 000 euros… selon l’étude prévisionnelle, la structure de conseil vous mettra en relation avec des acteurs dont le métier n’est QUE de financer les porteurs de projets.

Ces professionnels du financement de la création/reprise d’entreprise peuvent intervenir collectivement et surtout jouer un effet levier entre eux.

Il est ainsi possible pour un porteur de projet, en complément de son apport, de pouvoir mobiliser un organisme de garantie pour valider son prêt auprès de la banque qui sera intervenue en complément d’un prêt d’honneur (sans intérêt, sans garantie) et/ou d’une intervention en capital risque dans l’entreprise d’une structure extérieure. On parle ici d’effet levier, de tour de table pour des levées de fonds…

Vous l’aurez compris, avant de savoir de combien je dois m’endetter, il faut d’abord répondre à la question : mon produit, mon service est-il viable, rentable ? L’étude de marché permettra ainsi de calibrer mon besoin afin d’éviter un sous financement ou un sur financement.

Dès lors que vous aurez estimé vos besoins financiers avec l’appui d’un expert de l’accompagnement à la création d’entreprise, il vous faut solliciter les experts financiers qui sur la base du travail réalisé préalablement, complèteront votre projet sur sa partie financière.

Qui contacter pour quel type de financement ?

Si la tendance naturelle est de solliciter un partenaire bancaire, il faut rappeler que moins d’un tiers des créateurs d’entreprise démarrent avec un emprunt bancaire.

Il existe différents d’outils que nous ne développerons pas ici mais qui peuvent être mobilisables (liste non exhaustive) :

Quel type de financement ?

Modalités d’intervention

Subvention

La subvention ne doit pas être l’objectif d’une création car l’entreprise doit être viable sans elle mais si vous êtes éligible, il faut la solliciter. Les experts de la création vous informeront des conditions d’éligibilité et comment mobiliser ces aides, qui viennent généralement de l’Etat ou des collectivités locales. Ces aides peuvent être ciblées : investissement, embauche, innovation, économie sociale et solidaire (ESS).

… Attention aux délais que ce soit pour l’instruction ou le versement, il peut y avoir des décalages susceptibles de pénaliser votre entreprise si vous ne l’anticipez pas.

Love money

L’art de savoir vendre et d’impliquer ses amis, sa famille dans son projet. La sollicitation de l’entourage proche du créateur est parfois compliquée mais il est souvent révélateur du degré de confiance que vous accorde votre premier cercle dans votre nouveau projet.

Cette sollicitation peut avoir lieu au démarrage ou lors du développement de l’entreprise.

Prêt d’honneur

Il s’agit d’un prêt sans intérêt, sans garantie, basé sur la confiance que la structure prêteuse va avoir pour le projet et son porteur. En région Hauts-de-France, pour le versant Nord-Pas de Calais, un euro prêté par une association de prêt d’honneur permet de lever 6,1 euros auprès d’une banque… ce fameux effet levier !

Prêt bancaire

Il s’agit d’un prêt classique, avec intérêt et souvent garantie. A noter que les taux sont actuellement bas et donc propices à l’investissement, au développement.

Garantie

Son importance est souvent sous-estimée alors qu’elle est cruciale dans le montage d’un dossier. L’expert de la garantie va sécuriser le projet, le banquier vous permettra de ne pas entrer dans des conditions de financement inacceptable en termes de cautionnement.

Capital risque

Sous réserve que l’entreprise ait été créée en société (un tiers des créations) et donc de disposer d’un capital, cela permet d’augmenter le capital de l’entreprise en intégrant un partenaire externe. Bien vérifier les attentes, les contraintes imposées par ce nouveau partenaire.

Crowdfunding

Très en vogue depuis quelques années, ce mode de financement se veut participatif. Il oblige le créateur à bien travailler sa partie commerciale/marketing s’il veut attirer le client. C’est un excellent exercice pour apprendre à « vendre » son produit, son service mais également à tester l’engouement du public pour son produit.

Business angel / Fonds d’investissement

Pour ce genre de financement, les « tickets de tour tables » sont généralement plus élevés. Ces fonds d’investissement offrent généralement de formidables opportunités pour le démarrage ou le développement de l’entreprise ; attention toutefois à bien choisir vos partenaires qui pour certains cherchent à faire des « coups financiers » alors que d’autres sont vraiment dans l’optique de vous accompagner dans votre réussite.

Financements solidaires

Que ce soit pour les personnes exclues du système bancaire (ADIE) ou pour certains types de projets, issues de l’économie sociale et solidaire, il existe différents types de financements spécifiques (Cigales, Capital-risque, Garantie…)

ARCE (Aide à la reprise ou à la création d’entreprise / Pole Emploi)

Faut-il le rappeler ? 4 créateurs sur 10 en France sont demandeurs d’emploi. Sous réserve qu’ils aient cotisé à l’assurance chômage préalablement, le créateur demandeur d’emploi peut bénéficier d’un financement sous forme de capital (versement en 2 fois) pour le démarrage de l’entreprise.

Affacturage

Une structure spécialisée accepte de se charger des risques du recouvrement des factures d’une entreprise commerciale à laquelle elle en règle le montant moyennant le paiement d’une contrepartie.

Prêt inter-entreprises

Il est possible pour les entrepreneurs de prêter de l’argent à un fournisseur ou à un sous-traitant. Il suffit que les entreprises aient un lien entre elles, mais pas forcément en ce qui concerne leur capital.

Crowdlending

Le crowdlending repose sur le même principe que le crowdfunding à savoir l’aide au financement par la foule. Toutefois, il ne s'agit pas de don mais de prêt, chaque centime récolté devra être rendu avec intérêt.

Nacre

Ce dispositif va au delà de l'aide au financement puisqu'il comprend trois phases : le montage du projet, la structuration financière et le suivi au démarrage de l'entreprise. Le financement arrive donc dans un second temps.

Ce tableau n’a pas pour objectif d’être exhaustif mais de vous montrer qu’il existe de nombreuses solutions de financements pour un porteur de projet, encore faut-il les connaitre ! Et surtout pour chacune, il est important d’identifier les avantages/inconvénients pour VOTRE projet.

Nous vous invitons donc à solliciter les experts du programme Je Crée qui vous accompagneront dans vos démarches et vous aideront à mobiliser le ou les financements adaptés à votre projet.

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