Il y a les Français qui partent à l’étranger pour se reposer et découvrir d’autres cultures. Ceux qui y vont pour décrocher des marchés et faire fructifier leur business. Et d’autres enfin qui prennent leurs valises pour aller créer ailleurs leur propre affaire. Des entrepreneurs qui lancent une activité loin d’ici et qui parfois reviennent ou envisagent le retour en France.

2013 avait été une année record. Près de deux Français à l’étranger sur 10 étaient des créateurs d’entreprise. Aujourd’hui, on tourne plutôt autour des 10%, ce qui reste considérable. Et aurait de quoi franchement décomplexer les éventuels frileux qui renâclent encore à l’idée de faire le grand saut : celui de la création d’entreprise et celui de quitter le pays.

Les aventures entrepreneuriales à l’étranger continuent de séduire nombre de nos compatriotes. A l’instar d’Alexandra Guillot par exemple qui est allée monter Hi-Fly Marketing, sa société de maintenance et de sécurité à destination des compagnies aériennes de son nouveau pays, en l’occurrence l’Afrique du Sud. Même esprit d’explorateur chez Gilles Devingt qui a crée en Asie Flavors of France et vend très loin d’ici des produits made in  France. Aux Etats-Unis, les biberonnés de la Silicon Valley ne se comptent même plus et le nombre de sociétés créées dans le prolongement non plus. L’étranger est souvent une opportunité d’investir un marché, une terre où le Français peut apporter sa valeur ajoutée et sa distinction, mais c’est aussi le moyen de changer radicalement de vie. Pour la plupart de ces créateurs de richesses qui se sont exportés, le grand départ résonnait comme le moyen de concrétiser un rêve d’ailleurs tout en s’essayant à l’entrepreneuriat. 

Reste qu’il faut parfois revenir. Parce que des proches rappellent les leurs au pays, parce que le charme et l’exotisme sont retombés ou parce que la famille grandit et que la question de leur scolarité ou de la sécurité sociale se pose très sérieusement.

« C’est en France que ça bouge… »

Aussi, depuis peu de temps, c’est-à-dire depuis que la crise se montre moins aigue, une autre pensée prend forme : « c’est peut-être bien le moment de revenir en France… C’est peut-être en France que des choses sont en train de se passer… ça bouge en France, it’s time to come back ». Bref, le « bled » hexagonal redeviendrait attractif en somme. La structure « Reviens Léon » qui aide et même incite au retour pas toujours évident « en terre bleu-blanc-rouge » est l’un des témoins de ces exodes inversés. Florian fait partie de ces jeunes entrepreneurs qui reviennent aujourd’hui au pays comme poussés par les nouveaux vents favorables. Après des années dans le creuset de Berkley et Silicon Valley, ce jeune Français plein d’avenir se dit aujourd’hui que c’est pile le moment de revenir. Selon le site reviensleon.com, « il observe l’écosystème français qui évolue à toute vitesse, et réalise que c’est en ce moment que tout change en France ». Et clairement, Florian « ne veut arriver et revenir ici après la bataille ».   

Elle est revenue pour Blablacar

Les succès comme Criteo, Sigfox ou Blablacar servent aussi « d’aspirateurs à retours ». C’est notamment ce qui a convaincu Verena Butt de rentrer après 19 années passées à son compte en Angleterre ou en Suisse. Elle est aujourd’hui revenue en France pour travailler chez Blablacar : « Chez BlaBlaCar, les équipes sont jeunes, talentueuses, compétentes, et hyper dynamiques. Je suis dans une start-up internationale, multilingue, multi-culturelle, agile, ouverte sur le monde, qui n’a rien à envier aux start-ups américaines ! Ce n’est pas sans me rappeler l’ambiance du MBA que j’ai effectué à l’INSEAD en 2007. On y retrouve la même diversité et la même énergie entrepreneuriale. Et tout cela depuis la plus belle ville du monde, et dans un pays où l’on retrouve aussi ses racines » (interview pour Reviens Léon).

Les raisons sont multiples et positives donc mais revenir n’est pas toujours aisé. Sécurité sociale, permis de conduire, impôts… N’oubliez pas que ces questions pragmatiques doivent être pensées en amont même si cela enlève le charme de l’aventure entrepreneuriale. 

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