Parmi les 1001 façons de trouver son idée de projet, il en est une plus débridée que les autres : le photolangage. Sandrine Pereira, chef de projet Citéslab à Lille, pratique l’exercice et permet à des entrepreneurs en devenir d’accoucher d’idées cachées. Une façon de les aider aussi à verbaliser, grâce à une technique assez insolite, le concept qui peut devenir l’objet de leur future entreprise ou association.  

Je veux devenir mon propre patron, je veux créer mon entreprise, je veux agir, construire, bâtir quelque chose… Oui, mais quoi ? Pour aider celles et ceux qui veulent avancer par eux-mêmes mais ne savent pas encore tout à fait comment et dans quel sens, Sandrine Pereira, chef de projet Citéslab s’est formée à la technique un peu particulière du photolangage. Pour rappel au cas où et pour situer les choses, on dira juste que les chefs de projets CitésLab, rattachés à BGE, interviennent en complémentarité avec les services d'accompagnement à la création d'entreprise existants et opèrent en amont du processus de la création. Il s’agit pour eux, dont Sandrine Pereira en Hauts-de-France, de détecter les envies de création, de les affiner et d’aider à les amorcer.

Et c’est justement ce que les ateliers de photolangage permettent de faire de manière originale et semble-t-il assez efficace. Selon Sandrine Pereira, c’est un peu comme de l’accouchement de l’idée par l’image. « Nous avons une méthode bien précise, détaille Sandrine Pereira.  Nous formons des groupes de minimum 8 personnes. Chacune d’elles, et l’une après l’autre, est invitée à sélectionner une série de photos parmi un large catalogue que nous avons constitué. Toutes font appel à des valeurs et notions clés qui nous permettent d’ouvrir derrière la discussion. Ces clichés évoquent des symboles, des métiers, l’environnement. On analyse alors le choix des photos retenues. Ensuite, en faisant parler le candidat sur des centres d’intérêts déjà identifiés, on propose à tous de déterminer l’activité dans lequel on l’imaginerait bien. Et souvent, ce premier brainstorming par l’image permet d’isoler la motivation profonde de la personne. A partir de là, il ne faut plus beaucoup de temps pour que le candidat trouve de lui-même l’idée de son projet professionnel. ». A titre d’exemple, Sandrine Pereira se souvient d’une personne passée par l’atelier. Une ex-gestionnaire en finance qui après une longue interruption de carrière ne savait plus trop ce qu’elle voulait faire. Quelques temps après son passage en atelier de photolangage, elle s’est lancée en indépendante comme mandataire judiciaire. Un métier qu’elle n’aurait jamais imaginé faire et qui pourtant lui correspond tout à fait. La séance l’avait révélé.

C’est donc à travers des images et un échange collectif que le futur créateur d’entreprise peut isoler des points majeurs de son avenir : son envie, ses capacités, ses penchants…  « Nous pensons qu’il s’agit d’un super outil car les moments d’introspection dans le parcours professionnel sont rares, explique encore Sandrine Pereira. C’est une façon neutre et peu dirigée d’orienter un futur créateur d’entreprise sur le chemin de l’action concrète ».

Le public des Citéslab ? Il s’agirait plutôt des territoires dits sensibles ou en difficultés, mais Sandrine Pereira ne s’interdit jamais d’ouvrir les portes de ces ateliers à d’autres publics. « Il nous arrive même d’organiser des séances de témoignages pour des entreprises ».

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