La recette universelle de la croissance à deux chiffres tient certes du fantasme, mais force est de constater dans le même temps que certaines clés de développement se retrouvent dans nombre de success stories made in France. Audace, virage, innovation, internationalisation du marché… Voilà manifestement quelques éléments qui constituent des facteurs majeurs capables de conduire aujourd’hui les entreprises françaises vers le nirvana économique.

De Blablacar à Micropross, d’Alice’s Garden à Criteo, des Laboratoires Anios à Divalto, aucune de ces entreprises ne fait le même métier. Chacune a son histoire et a connu des démarrages plus ou moins fastes. Mais toutes ont pour point commun de bondir ou rebondir et de présenter, dans une conjoncture pourtant assez morose, des taux de croissance à faire suer de plaisir les banquiers de l’hexagone. Les clés ? Aucun grimoire secret n’existe, mais certains éléments communs se distinguent dans les scenarii économiques des PME les plus en forme du moment.

L’innovation « first » et des R&D à soigner

Dans le dernier classement des 150 plus belles entreprises (L’Expansion de septembre 2015), toutes ou presque possèdent des départements R&D particulièrement développés. On pensera entre autres aux nordistes de Micropross (Villeneuve d’Ascq) qui affichaient en 2014 un taux de rentabilité de 57,83%, un record national. Ce spécialiste de tests de cartes à puces, qui travaille aujourd’hui pour Audi, Sony, Google, Mastercard, Samsung et d’autres mastodontes du business mondial, consacre un tiers de ses effectifs à sa R&D.

Se développer à l’extérieur

L’innovation est un indéniable vecteur de développement mais ne pourrait suffire à elle seule à garantir les lauriers. Cette nouvelle expertise doit arriver au bon moment sur le bon marché, ce que des cabinets spécialisés dans le management de transition comme Valtus, appellent être « time to market ». Aussi, quand on regarde encore ce classement des 150 entreprises les plus performantes, rares sont celles qui ne pointent pas l’ouverture sur le marché international comme une étape majeure dans leur ascension. A titre d’exemple, Micropross réalise pas moins de 85% de son chiffre d’affaires hors hexagone. Voir grand et au-delà des frontières françaises reste l’une des clés évidentes de la croissance.

De l’audace et encore de l’audace

Pas de grand business sans grande idée ou sans grand courage. De fait, les expériences de ces 10 dernières années autour de start-up devenues des géants le démontrent : une bonne dose d’audace. Cela vaut par exemple pour des Blablacar devenues des licornes capables de lever plus de 200 millions de dollars, peser environ 1,6 milliard d’euros et trôner comme le leader mondial du covoiturage. Il fallait oser. A une échelle plus modeste en France, on saluera par exemple l’audace d’Arnaud Senlis, créateur d’Alice’s Garden, vendeur de meubles et déco de jardins par internet. Après 5 ans d’existence, cette société basée à Wambrechies (Lille) présente une croissance de + 6232% sur les 4 derniers exercices !

Savoir rebondir après les échecs

Cela peut sembler très idéaliste voire irréaliste, mais savoir apprendre de ses erreurs et faire d’une traversée du désert l’occasion d’inventer un nouveau modèle, une nouvelle image, cela fait partie des clés du succès et surtout du succès durable. La marque Kway est une belle illustration du genre. Après un tabac jusqu’au début des années 90, Kway (société française au départ mais aujourd’hui sous pavillon italien) a connu une longue période de régression. Ce n’est que depuis trois ou quatre ans que Kway reprend des couleurs. Un retour à la croissance dû à un réel virage et au design d’une toute nouvelle image de marque. Kway, en passant de l’accessoire ultra populaire au vêtement vintage tendance luxe, a changé son adn et inversé ses courbes de résultat. L’agilité et la rapidité de réaction, voilà la vision que défendent tous les managers actuellement en plein zénith.

Noter cette actualité
  • Actuellement 0 sur 5 étoiles
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5