Depuis plus de 80 épisodes, les rappeurs Orelsan et Gringe sont « Bloqués » sur leur canapé. En attendant qu’il se passe quelque chose, ils ont décidé de ne rien faire en parlant de tout et de rien !
Le thème de l’entrepreneuriat n’a pas échappé à leurs discussions et fait l’objet de l’épisode 31 « Je vais monter ma boîte », qui livre en 2mn un condensé drôle, émouvant mais surtout épatant de lucidité sur la création d’entreprise !

Le tout accompagné de punchlines diaboliquement efficaces. Avant de revenir sur les moments clés de cet épisode, visionnage préalable obligatoire en cliquant juste en-dessous sur l’image :

#1 - Salarié VS entrepreneur : Orelsan a choisi son camp

A 0’02 - Orelsan à Gringe : « T’as pas remarqué qu’à chaque fois qu’on trouve du taf, c’est toujours nous les employés. T’sais quoi j’vais monter ma boite »

Jamais l’entrepreneuriat n'aura eu autant le vent en poupe : Orelsan fait partie des 37% des français qui souhaitent créer, un jour, une entreprise (sondage Opinion Way 2016). Cette envie d’entreprendre connaît cette année son plus haut niveau avec un vivier de plus de 19 millions d’entrepreneurs potentiels. A l’image du développement de plateformes de services, d’achat ou de vente qui favorisent le travail indépendant, on pourra également souligner le fait que 33% des actifs français se disent intéressés par le statut d’indépendant/micro-entrepreneurs pour leur futur (contre 66% qui se voient rester dans le salariat, Opinion Way 2016).

#2 – L’image de l’entrepreneuriat auprès du grand public

De 0’12 à 0’17 – Gringe rit tout seul et se moque gentiment d’Orelsan quand ce dernier lui annonce qu’il veut monter sa boîte

Le rire moqueur de Gringe devant le doux rêve d’Orelsan n’est pas anodin et vient révéler l’image que beaucoup de personnes ont de la création d’entreprises : une aventure difficile, périlleuse dans laquelle il n’est pas forcément aisé de se lancer. Cette impression se confirme en reprenant les chiffres évoqués plus haut. Si les intentions d’entreprendre des français n’ont de cesse augmenter depuis 2010 (Opinion Way), force est de constater que les créations, elles, ne suivent pas la même tendance et que le nombre d’entreprises créées reste pratiquement le même depuis plus de 5 ans. Indéniablement, intention ne vaut pas création. D’autres critères entrent en jeu et viennent rendre le passage à l’acte plus difficile qu’imaginé.

Même si Gringe et Orelsan ne sont plus étudiants (mais ont quand même un mode de vie semblable), on peut souligner que le sondage d’Opinion Way pour le Moovjee réalisé en 2015 va également dans ce sens : 96% des étudiants et lycéens de la filière professionnelle en France considèrent qu’il est difficile de créer une entreprise à la fin de ses études.

#3 – Promouvoir l’entrepreneuriat dans les médias

A 0’28 - Orelsan : « En fait j’ai vu une émission à la télé là et y’a un mec il avait monté sa propre boîte. En fait il disait que le seul truc important c’est d’aller au bout de ses rêves »

Sans le savoir peut-être (quoique les idées excellentissimes du duo de rappeurs peuvent nous en faire douter), Orelsan vient de soulever un point essentiel avec cette punchline : les médias ont un rôle essentiel à jouer dans la perception de la société sur l’entrepreneuriat et peuvent devenir des éléments déclencheurs de la prise d’initiatives et du passage à l’acte. Même s’il est très difficile aujourd’hui d’évaluer l’influence exercée par les médias sur l’attitude à l’égard de l’entrepreneuriat, il n’en demeure pas moins qu’ils exercent un impact réel sur le désir des gens à devenir entrepreneurs. Selon un article publié par le ministère de la Communication de l’Algérie, il a été constaté que « dans les pays où le comportement entrepreneurial est considéré comme une activité atypique ou de statut inférieur, un très faible taux de création d’entreprises est observé. »

Il appartient ainsi aux médias d’assurer et de garantir une représentation de l’entrepreneuriat et de l’entrepreneur qui reflète la réalité.
Si de nombreux efforts sont faits en la matière (de plus en plus de médias européens et mondiaux abordent le sujet sous formes de séries télévisées, émissions de conseil, concours type « The Voice », programmes radios, chaîne de Youtubeur, etc.) force est de constater que la représentation de l’entrepreneur est souvent caricaturale : dans les fictions, celui-ci est souvent présenté comme un homme de 50/60 ans à la tête d’une grande entreprise, en costume et mallette, et généralement escroc.

Parallèlement, lorsque les médias parlent d’entrepreneurs, les références font souvent allusions aux entrepreneurs à la tête de grands groupes, généralement cotés en bourse. Or, le quotidien de ces dirigeants est très éloigné de ce que vivent les entrepreneurs « classiques ». Il n’est pas inutile de rappeler ici que 95% des 3,14 millions d’entreprises marchandes que comptent la France (hors secteur agricole) sont des TPE (entreprises de moins de 10 salariés). Ce que l’on appelle les « très grandes entreprises » ne représentent que 0,01% des entreprises françaises (chiffres INSEE 2011).

#4 – La motivation avant tout

A 0’43
Gringe : « Et t’as des idées pour monter ta boîte ? »
Orelsan : « Monter ma boîte, c’est déjà une 1ère idée »
Gringe : « Ah ouais t’as fait 90% du chemin là »
Orelsan : « Ouais, voilà il reste 10% »

La remarque de Gringe peut sembler ironique mais Orelsan n’a pas totalement tort en affirmant qu’avoir déjà l’idée d’entreprendre c’est presque la totalité du chemin effectué ! On considère souvent que la volonté de créer son entreprise est le fruit de trois facteurs clés : les motivations personnelles, les compétences et l’existence d’opportunités. Même s’il est difficile d’établir une hiérarchie entre ces trois facteurs, on peut admettre que la motivation est souvent le critère qui intervient en premier ou du-moins celui qui facilitera le déclenchement des autres critères. En effet, dès lors que l’envie est présente, il sera plus facile d’accéder aux formations nécessaires pour développer ses compétences ou bien de se créer les conditions qui ouvriront et faciliteront les opportunités. L’entrepreneur et reporter Tony Wheeler reprenait bien la même chose lorsqu’il disait sur le voyage : « Tout ce que vous avez à faire c’est décider de partir. Et le plus dur est fait. »

#5 – Entreprendre sa vie

A 1’08 - Orelsan : « Je vais devenir multimillionnaire et toi t’es là dans ton canapé à traîner toute la journée  »

Si Orelsan nargue de cette manière Gringe, c’est bien parce qu’il a pris conscience qu’entreprendre c’est d’abord entreprendre sa vie et ainsi changer son quotidien. Créer une entreprise est en effet l’action d’entreprendre. Or, pour reprendre la définition du dictionnaire de l’Académie française, entreprendre c’est « commencer à exécuter ce que l’on a décidé d’accomplir ». Il y a ainsi dans l’entrepreneuriat, cette notion de « départ », de « commencement », de « mouvement » qui vient s’opposer à la position statique de Gringe sur le canapé.

#6 – Les entrepreneurs sont des créateurs d’emplois

A 1’14 - Orelsan : « Quand je serai à la Silicon Valley tu seras tellement content que je te propose un job d’informaticien»

Le fait qu’Orelsan ait en perspective l’embauche de son pote Gringe n’est pas un acte anodin : un entrepreneur est avant tout un créateur d’emplois. D’abord pour son propre emploi certes mais aussi pour celui des autres. Il est à ce titre, un atout indispensable au dynamisme économique d’une ville, d’une région, d’un pays. Même s’il convient de rappeler qu’en France 95% des entreprises qui ont créées l’année passée ont démarré sans salarié, il faut aussi souligner le fait que les TPE (les fameuses 3 millions d’entreprises françaises) représentent 20% de l’emploi national.

#7 – L’accès au financement

A 1’21
Gringe : « Mais t’as des thunes pour ta boîte ? »
Orelsan : « Les thunes ça se trouve »

Aussi laconique soit-elle, la réponse d’Orelsan n’est pas dénuée de sens : les thunes ça se trouve ! C’est d’ailleurs souvent la 1ère question qui est soulevée par les créateurs : où-vais-je trouver l’argent nécessaire pour me lancer ? Si la question des financements est une étape cruciale dans la réalisation un projet, il convient de rappeler que ce n’est pas la 1ère démarche à suivre ! Avant de parler monnaie et portefeuille, il convient d’abord de regarder si son projet est viable via la réalisation d’une étude de marché ! C’est LA phase la plus importante et la plus longue de la création d’entreprise ! Etudier son marché, c’est connaître ses clients, ses concurrents, savoir ce que l’on va vendre, comment et à qui. Il est donc indispensable de passer par cette étape ! On considère d’ailleurs qu’une mauvaise étude de marché est la cause numéro 2 de faillite des entreprises après 3 ans ! Revenons-en à la question de l’argent et venons en aide à Orelsan ! Tout porteur de projet, quel qu’il soit, peut bénéficier d’aides financières pour venir compléter son apport et faciliter le démarrage de son projet. Subvention, prêt d’honneur, garantie, crowdfunding, love money, prêt bancaire, capital-risque, etc. : retrouvez l’ensemble des aides disponibles en région et leurs modalités d’intervention ici.

#8 – Avoir des ambassadeurs de l’entrepreneuriat

A 2’07 - Orelsan : « En même temps Steve Jobs il a pas lu la biographie de Steve Jobs pour y arriver »

Même si Orelsan trouve relou le bouquin de Steve Jobs, force est de constater que le personnage l’inspire et peut l’aider à passer à l’acte !
C’est d’ailleurs même le rôle que devrait avoir tout entrepreneur, tout créateur d’initiative ou tout créateur au sens large quel qu’il soit : transmettre le virus de la fibre entrepreneuriale !
De nombreux entrepreneurs le font déjà naturellement dans des livres, à travers des conférences, salons ou bien via des témoignages en classe pour le public jeune. Il faut encourager ces pratiques et les développer davantage afin de transmettre au plus grand nombre la culture d’entreprendre.
Alors maintenant, après avoir vu l’épisode 31 et en attendant qu’il se passe quelque chose, avez-vous encore décidé de ne rien faire ?

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