Tous deux sont ravis de l’opération. En juin 2015, Philippe Steenkiste a cédé sa société éponyme, spécialisée dans la peinture, à Valérie Talpaert. La chef d’entreprise a depuis renommé l’établissement « Les pinceaux de Valérie », tandis que l’ancien gérant profite de sa retraite. Retour sur une cession-reprise qui a comblé les deux parties.

Quels sont les avantages d’une cession-reprise d’une entreprise ?

Valérie Talpaert : Au moment de ma reconversion, je ne souhaitais pas partir de zéro et créer une société. Reprendre une entreprise permet de continuer à travailler avec la clientèle existante, de ne pas avoir à lancer de recrutements, du moins dans l’immédiat, et de bénéficier d’un carnet de commandes. Dans le cas des Pinceaux de Valérie, il existait un collaborateur, qui a conservé son poste, et une clientèle fidèle. De plus, je ne souhaitais pas créer ma propre entreprise, je ne sais d’ailleurs pas si j’aurais été capable de le faire. Enfin, constituer une clientèle prend énormément de temps. En termes d’investissement, les deux opérations -créer ou reprendre- sont du même ordre, dans le cas d’une petite entreprise.

Philippe Steenkiste : Je travaillais depuis 1981 pour la société spécialisée en peinture, à qui j’ai donné mon nom. Je ne voulais pas purement et simplement baisser le rideau après plus de 30 ans d’activité. Vis-à-vis des clients, il était préférable d’assurer une continuité de prestations. Par ailleurs, j’embauchais une personne depuis 10 ans. Fermer l’entreprise, c’était le priver de son emploi.

Est-ce long de céder ou reprendre une entreprise ?

Valérie Talpaert : Souvent, un repreneur doit patienter deux ans avant de trouver la bonne société au bon moment. J’ai eu de la chance car j’ai rencontré Philippe Steenkiste au bout de 6 mois. Auparavant, j’avais toutefois visité au moins une dizaine d’établissements et sérieusement étudié la reprise d’une autre entreprise. Pour y parvenir, il est nécessaire de disposer d’un réseau. J’ai rencontré des experts-comptables, des membres de la CCI, des fournisseurs, des collaborateurs du CAPEB (Confédération de l’artisanat et des petites entreprises du bâtiment)… J’ai également pu bénéficier d’un accompagnement personnalisé de la Chambre des métiers et de l’artisanat, qui m’a dispensée une formation durant un an, afin de devenir chef d’entreprise.

Philippe Steenkiste : Oui, il a fallu près de deux ans. J’avais informé la Chambre des métiers et de l’artisanat, le CAPEB… J’ai reçu plusieurs appels mais seules deux personnes m’ayant sollicitées étaient réellement motivées. Il est vrai que ma structure n’était pas facile à vendre. Il s’agit d’une petite société avec une clientèle fidèle de particuliers, avec laquelle j’avais noué des contacts privilégiés. En revanche, l’activité était rentable et le carnet de commandes se remplissait régulièrement.

Comment s’est déroulé le passage du flambeau ?

Valérie Talpaert : Très bien, une belle relation humaine s’est rapidement instaurée. J’ai pu bénéficier d’un accompagnement de trois mois avec Philippe Steenkiste.

Philippe Steenkiste : Notre bonne entente a facilité la transition. J’ai pu lui présenter ma façon de procéder, mes devis, le carnet de commandes… J’ai vendu ma société en juin 2015 et suis parti le 9 octobre. Je souhaitais vraiment que mon activité profite à quelqu’un.

Quelles sont vos perspectives ?

Valérie Talpaert : Six mois après la reprise de l’entreprise de Philippe Steenkiste, j’ai racheté une autre société, implantée à Santes. J’ai regroupé les deux établissements à Wasquehal sous le nom commun « Les Pinceaux de Valérie ». J’envisage une nouvelle acquisition en 2017. L’activité demeure identique : nous réalisons des peintures et posons des revêtements de sol. Travailler dans le second œuvre, et non dans d’autres corps de métiers du bâtiment comme envisagé à l’origine, me permet d’apporter ma touche déco !

Philippe Steenkiste : J’ai pris ma retraite et suis ravi de recevoir de temps à autre des nouvelles de l’entreprise.

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