• Chiffres d'affaires
    X €

  • Année de création 2012

  • Nombre de salariés X

23 Boulevardd Faidherbe 59280 ARMENTIERES

03 20 77 58 07

www.commeyouandme.fr

Véronique Fournier Fournier Véronique 49 ans

En quelques mots, qui êtes-vous et quel est votre parcours ?

5 ans dans le privé, 11 ans dans la fonction publique, Éducatrice Spécialisée, Formatrice, puis Chargée de communication je démissionne de la fonction publique en 2011 pour créer mon entreprise, dans un secteur ultra-concurrentiel (agence de communication) après 45 ans !! Autant dire beaucoup de freins, une folie pour certains, mais une détermination à réussir.

Pourquoi avez-vous eu envie de créer votre entreprise ?

Pour être LIBRE ! de sur-fonctionner hors système ou contraintes sclérosantes, affirmer une démarche qualitative d’accompagnement, choisir ses projets, ses clients, sa façon de travailler…

Présentez-votre idée de création, le nom et l’origine de votre entreprise.

COM(ME) YOU & ME

Agence de communication globale à moi toute seule – Accompagnement stratégique & opérationnel – graphisme, webdesign, webmastering – de TPE/PME et porteurs de projets de création sur une communication de lancement, refonte d’identité visuelle, positionnement web et web 2.0, dynamisation de communication d’entreprise.
www.commeyouandme.fr

JUSTE UNE IMPRESSION

Design et gestion d’impression personnalisée de supports de décoration intérieure (interrupteur/prises électriques, papier peint, textile, carrelage, plexi, toiles…)
www.juste-une-impression.com

Votre activité étant arrêtée, quels sont selon vous, les facteurs de cet échec ?

Tout d’abord je n’aime pas ce terme « échec ». Je ne suis pas dans le déni de réalité mais dans une autre analyse de ce qui m’a conduit près de 4 ans après le lancement d’activité à une liquidation judiciaire. Je dirai plutôt que le statut juridique et social de SARL n’était sans doute pas pertinent pour mon activité libérale d’agence de communication. Je n’ai pas échoué, preuve en est la persistance de mon activité et des nouveaux prospects/clients (sans aucun démarchage direct de ma part), je n’ai juste pas réussi à en faire une activité suffisamment lucrative pour pouvoir en vivre décemment (mes prétentions étant au niveau du smic, bien sûr pas horaire !).

Dans les facteurs déterminants je mettrai en premier lieu mon statut juridique et le niveau de charge afférent. En effet assimilée à une profession libérale (prestations majoritairement intellectuelles), le niveau de charges sociales et de fonctionnement (démentiels !!) ne m’ont pas permis – malgré une activité continue depuis près de 4 ans (sollicitations directes spontanées & continues de prospects) et donc un CA non négligeable – de dégager suffisamment de bénéfices pour pouvoir me rémunérer a minima. Un puit sans fond qui contraint à travailler plus de 70h/semaine bénévolement et pour uniquement assumer ses charges. Il faut donc à un moment donné arrêter l’hémorragie et prendre une décision radicale de cessation d’activité.
 
Une analyse comptable tendrait à imputer la responsabilité à une sous-facturation des prestations, mais la réalité clients fait que des prestations de communication pourtant vitales pour le développement d’une entreprise sont souvent minorées dans l’expertise technique pourtant nécessaire et mobilisée et dans leur valeur marchande. Un panier moyen client à 4 000 € ce n’est pas rien et cela représente beaucoup de travail en amont. Le message est souvent aussi brouillé médiatiquement et les clients imaginent un prix faussé de prestations dans un contexte de concurrence très forte mais aussi de besoins très importants. Je ne pense pas avoir sous-vendu mes prestations, mais mes prestations de par mon exigence qualitative et de disponibilité ne sont sans doute pas rentables dans ce cadre juridique.

Quand à l’activité JUSTE UNE IMPRESSION celle-ci était au stade de lancement (site e.commerce finalisé, début de visibilité 2.0, presse locale..) au moment de la liquidation. Je poursuis donc…

Aviez-vous été accompagnée dans vos démarches entrepreneuriales ?

Pas véritablement et concrètement. Bien sûr j’ai contacté les organismes institutionnels d’accompagnement à la création (BGE, CCI, salon entreprendre…) et j'ai fait ma veille informative sur le sujet (statuts, réglementation…) pour créer véritablement seule mais pas dans l’isolement.

Comment avez-vous rebondis ? Votre entourage et/ou des structures vous ont-ils soutenu(e) ?

Mon drame ayant été d’être condamnée à liquider avec paradoxalement une activité continue et importante !!! Ma priorité était de pouvoir poursuivre cette activité en toute légalité mais avec un autre statut. Dans ma recherche de solution, j’ai découvert que la coopérative d’activité et d’emplois pouvait constituer une solution, rester entrepreneure mais salariée de ma propre entreprise, le CA produit servant à régler à la fois les cotisations patronales et salariales et à me payer un salaire – modique – mais appréciable quand on a connu des mois de travail acharné sans rémunération aucune, avec une protection sociale salariée (là aussi rien à voir avec le statut de gérant – TNS d’une société).

J’ai donc intégré la CAE Grands Ensemble – Lille – depuis novembre pour pouvoir poursuivre mon activité d’agence de communication et y développer ma 2ème activité JUSTE UNE IMPRESSION (design décoration intérieure à base d’impressions personnalisées).

Je participe d’ailleurs actuellement au concours national d’Aviva La Fabrique pour une levée de fonds sur la thématique du soutien à nos emplois pour mon activité JUSTE UNE IMPRESSION basée sur le made in Nord pour espérer développer plus encore cette activité.

J’ai découvert à l’occasion de ma procédure de liquidation les chiffres locaux et nationaux du nombre de procédures annuelles ! et imaginé sans peine le désarroi de certains de mes pairs qui laissent beaucoup dans cette mésaventure, seuls – car il n’y a souvent personne pour vous accompagner dans toutes les démarches douloureuses que cela implique.

J’ai aussi découvert l’existence d’associations telles que SECOND SOUFFLE, association basée sur le rebond ou l’accompagnement collectif au rebond vers l’emploi ou création d’entreprise pour des entrepreneurs ayant cessé/liquidité leur(s) entreprise(s). Une association où je m’engage activement et bénévolement au-delà des vertus du partage d’expériences et du lien social créé. Pour moi c’est important de donner.

Cette association défend les valeurs des entrepreneurs et de l’entrepreneuriat qui souffrent à mon sens d’une non reconnaissance sociétale & sociale particulièrement en France. Elle a notamment mis en place une charte éthique et solidaire pour impulser une dynamique positive de l’entrepreneur et invite les recruteurs à s’ouvrir à ces profils atypiques. Cette charte peut être signée par tous les acteurs sociaux économiques qui souhaitent valoriser l’entrepreneuriat et les compétences qui l’accompagnent. 

Quels conseils donneriez-vous aux personnes qui traversent cette épreuve et aux futurs entrepreneurs ?

On est très vite seul face à ce type d’épreuve, vos ex-partenaires devenant très vite des prédateurs… On est démuni faute de connaissance (légitime quand c’est une 1ère) des procédures, de leur lenteur et de leurs implications pas uniquement financières. Un jugement c’est 10min au tribunal… l’humanité est vite effacée face à des logiques administratives. Il faut encore se battre, beaucoup, longtemps, notamment auprès des créanciers sociaux et impôts qui tardent à enregistrer une cessation d’activité et à vous rembourser les trop-perçus. Ma chance aura été de liquider proprement sans aucune dette et surtout de ne pas être jugée par les miens mais soutenue, comme je l’avais été au moment de ma démission pour créer. Je plains ceux qui mettent des années à s’en remettre et y laissent leurs biens personnels voire plus encore…

Il faut rompre avec cette solitude, partager cette colère ou son désarroi, faire son deuil et surtout se faire accompagner (c’est vrai pour la création d’entreprise, c’est encore plus vrai pour la cessation) par des réseaux voire par des professionnels qui se positionnent sur un accompagnement à la cessation.

Pour les futurs entrepreneurs, je ne voudrai pas que mon propos les effraie, il vise juste à témoigner d’une réalité trop souvent idéalisée ou enjoliver. La vie d’un entrepreneur n’est pas un long fleuve tranquille. La liberté a un prix. « La liberté c’est de choisir « disait Camus, moi j’ai choisi d’entreprendre. Le tout est de choisir en toute connaissance de cause. La peur n’évite pas le danger, mais je n’ai pas peur, je suis lucide mais non résignée et pas condamnée, je veux encore y croire et suis plus motivée que jamais à oser en positivité.
 
N’ayez pas peur, osez & croyez en vous coûte que coûte !